Une nouvelle enquête judiciaire vise Marc Dutroux déjà condamné à perpétuité, après la découverte présumée de centaines d’images pédopornographiques lors d’une fouille en établissement pénitentiaire
Une fouille ciblant la recherche de téléphones illégaux aurait permis aux agents de mettre la main sur près de 200 clichés à caractère pédopornographique dans la cellule de Marc Dutroux, incarcéré à la Prison de Nivelles. Les faits remonteraient à 2024, mais l’information n’a émergé que récemment.
Selon le magazine HUMO, le parquet a ouvert une instruction pour possession et éventuellement diffusion d’images d’abus sur mineurs, une infraction passible d’une peine pouvant aller jusqu’à dix ans de prison. En novembre 2025, le dossier a été examiné pour la première fois par la chambre du conseil.
Déjà condamné en 2004 à la réclusion à perpétuité pour enlèvements, viols et meurtres, Marc Dutroux purge une peine assortie d’une mise à disposition du gouvernement. L’ajout d’une nouvelle condamnation aurait un impact limité sur sa situation carcérale, mais l’enjeu judiciaire et symbolique reste majeur.
Son avocat, Bruno Dayez, conteste fermement les accusations
La défense invoque notamment des principes dégagés par la Cour européenne des droits de l’homme et a sollicité une expertise indépendante pour déterminer l’âge exact des personnes figurant sur les images. Elle soutient également que la simple détention de matériel pornographique par un détenu ne constituerait pas, en soi, une infraction dans certaines circonstances.
Le parquet, de son côté, plaide pour un renvoi devant le tribunal correctionnel. La décision dépendra notamment des conclusions de l’expertise demandée.
Marc Dutroux affirme avoir découvert ces images dans une enveloppe déposée dans sa cellule lors d’une absence, évoquant une tentative de déstabilisation de la part d’autres détenus. Les investigations se poursuivent afin d’établir l’origine des fichiers et d’éventuelles complicités extérieures.
Autre point sensible : la question du financement. Alors qu’il affirmait en 2018 ne pas être en mesure d’indemniser les familles de ses victimes, des correspondances entretenues avec des admirateurs auraient donné lieu à des versements sur son compte carcéral, servant notamment aux achats autorisés en détention.
L’enquête reste en cours et pourrait déboucher prochainement sur un renvoi devant la juridiction correctionnelle.
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